Bien du temps va passer si agréablement,
Avec des inflexions chantant aimablement…
Vous pensez si l'on peut se distraire oralement,
Argumentant sans peine, ou bien, idéalement,
Revenant en arrière, et inlassablement,
Déversant les idées usées passablement,
Avalées, digérées, et que l'on a fait siennes,
Gardées précieusement comme des valeurs anciennes,
Et qui sont bien souvent un tissu d'inepties,
Sans valeur, comme les cris d'une crise d'épilepsie…
LÉZARD
Billevesées, bien sûr, inévitablement…
Autant de temps perdu à échanger des riens,
Vomissant des torrents précieux aux grammairiens,
Alors que, pour le fond, oui, véritablement,
Rien ne vaut l'intérêt que l'on veut y porter…
Des mots, des bruits de bouche, sans la moindre portée,
Agréables à sortir, à écouter parfois,
Gardez-moi de penser que c'est du temps perdu
Et que nos vies entières reviennent toutes à la fois,
Soit à un gaspillage, soit une fuite éperdue…
TROIS BOUQUETS
Laissez-les croire qu'ils peuvent choisir leur destinée,
Interrompre leur chute, la faire moins gratinée…
Bercez-les d'illusions puisées dans les nuages
Et faites-les tourner, tels de jolis rouages,
Rutilants abrutis, fiers de leur personnage…
Tout cela s'éternise et les sacs plastiques nagent,
Étouffant les poissons et semant leurs poisons,
Sans que l'on s'en émeuve, privés de nos raisons…
ORANGES
Les pubs s’étalent partout pour nous influencer :
Il faut que tu achètes et il faut y foncer !
Bouscule les traînards en courant dépenser !
Elle est belle, la vie… Il faut t’y enfoncer,
Riant de tes belles dents aux marchands engoncés,
Tendant ta carte bleue, qu’il suffit de passer,
Émettant ses données, à distance, sans lasser,
Sans jamais décevoir ta fureur d’amasser…