Partout, sur tous nos murs, ils s'étalent aujourd'hui,
Riant de nos désirs, où ils nous ont conduits.
On est des automates – c'est ce que j'en déduis…
Des robots, des esclaves, et ce que ça induit ?
Une société polluante, aux vilains murs enduits…
Il n'est pour s'en extraire plus aucun sauf-conduit.
Tout le monde la subit, les milliardaires déduits,
Si bien que l'on n'est plus que de simples produits !
HUIT PATTES…
C'est une vraie douceur pour nos progénitures,
Ou pour nous, aussi bien, même si nous sommes matures…
Nous aimons le bon goût du sucre, évidemment,
Fier produit qui imite celui des fruits bien mûrs…
Il n'en faudra pas plus pour vivre un bon moment,
Tasse à la main, tartine, assis le dos au mur…
Un jour, on nous a dit que le sucre est poison,
Ravi de nous savoir tremblant en nos maisons,
Et nous n'avons rien fait, rien changé à nos vies,
Si bien qu'elles se rapprochent du mortel pont-levis…
MES CHAUSSURES…
Maintenant, nous savons que nous sommes des bouteilles,
Ou des cruches, mais pleines d'eau, jusqu'au bout des orteils !
Le savoir, l'intérêt ? rabaisser l'ambitieux,
Éviter de nous croire des demi-dieux vicieux,
Caressant le beau rêve de finir dans les cieux
Unis au créateur de l'univers précieux…
L'eau nous ramène au rang des êtres naturels
En compagnie desquels nos folies culturelles
Sont des mots insensés, comme tant de nos pensées…
SAUTERELLE
Pourquoi cette eau qui tombe sans jamais se lasser ?
Les gouttes se jettent sur moi, en voulant m'embrasser…
Un tel déluge gratuit, alors qu'au bout du monde,
Ils n'ont pas vu pleuvoir et la révolte gronde.
Elle est folle, la nature, ou sa caricature…